Mon journal

(maniaco-dépression)
christol555
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Mon journal

Message par christol555 »

Bonjour à tous,

Je suis nouveau sur le forum depuis quelques jours et cet espace me semble inspirant. L'écriture a toujours été un bon moyen de vulgariser mes pensées, de ventiler, c'est l'un des premiers outils d'auto-gestion que j'ai naturellement mis en pratique lors de ma première dépression. J'ai rempli un journal papier en quelques nuits d'insomnie empreintes de colère et de tristesse, c'est là que j'ai commencé à percevoir le pouvoir de l'écriture.

J'ai donc décider de me lancer dans ce post qui me servira de journal de bord.

J'aime bien le concept des forums. Selon moi, ce type de plateforme, qui a été à l'origine même du Web, devrait perdurer et... même être à l'avant des réseaux sociaux qui sont selon moi, très mal utilisés par le public. J'aime surtout le fait qu'il soit nécessaire de se connecter pour discuter, de prendre son ordi et de se lancer, d'y allouer un moment de la journée. À mon avis, cet acte demande un effort supplémentaire, un véritable désir de communiquer, par rapport au simple fait de soulever son téléphone intelligent à la suite de la réception d'une notification.

Bon alors... je reviens au journal :) Je cite mon histoire vécue:
christol555 a écrit : 16 août 2022, 12:33 Bonjour à tous,

Je suis nouveau sur le forum, je viens de découvrir cet espace et je suis tombé sur ce post de 314r qui m'appelait à écrire sur mon histoire...

Je suis quelqu'un qui n'a pas l'habitude de s'ouvrir d'emblée aux autres, surtout sur le Web ou sur quelconque média social, mais ce forum me semble être une belle source d'échange en ce qui a trait à la bipolarité. J'y ai lu beaucoup de témoignages qui m'ont frappé droit au cœur et qui m'ont aidé à me sentir moins seul dans certaines de mes souffrances récentes et passées.

Je me lance donc ainsi avec spontanéité et émotion…

La bipolarité est apparue comme une bombe dans ma vie.

J'ai eu une superbe enfance, près de ma famille, de mes grands-parents et avec un petit cercle d'amis. J'ai toujours été fondamentalement positif à l'égard de la vie. J'avais ce goût d'avancer, de toujours regarder vers l'avant. J'ai fait mon primaire dans une petite école anglophone privée, j'y suis devenu bilingue. J’adorais cette école et j'y avais de beaux liens d'amitié. L'ambiance y était familiale, le respect y régnait.

L'adolescence est arrivée par la suite et ça a été une période plus difficile pour moi au niveau personnel, une période de refoulement. J'ai dû changer d'école pour aller au public. J’ai perdu mon cercle d’amis du jour au lendemain, j'y ai vu et vécu l'intimidation, ce qui m'a orienté vers ce qui m'apportait du réconfort, les études. Je ne faisais qu'étudier et le désir de performer était au premier plan de mon esprit. Tout le reste était secondaire. J'aimais tellement ça. Je socialisais par le biais des études, en aidant ceux qui avaient plus de difficulté. J’avançais à ma façon sans trop me soucier de ce que les autres pouvaient bien en penser.

Mon rêve d'adolescent de secondaire 4 était de devenir chimiste médico-légal. Un mélange de chimie et d’investigation qui m’appelait grandement. J’ai donc terminé mon secondaire pour aller compléter mon DEC en chimie analytique, j’ai déménagé en résidences collégiales avec un ami de l’époque dans une autre ville. J’y ai passé 3 années de travail acharné à étudier dans mes livres, à performer dans mes études. J’adorais ça et je manquais rarement d’énergie pour atteindre mes objectifs. Je me permettais rarement de sortir et d’avoir du fun comme la plupart des étudiants le faisait. Moi ça me disait rien les partys de fin de session et toutes ces souleries… J’avais un beau climat de collocation, on avait ben du fun, mais… mon fun à moi, c’était d’étudier, de faire du calcul différentiel et intégral la porte de chambre fermée :)

Je suis ensuite entré à l’Université au BAC en chimie. J’étais toujours en résidences, mais cette fois, avec des immigrants, des inconnus. Le climat de collocation était plus difficile et je m’ennuyais beaucoup… Je passais mon temps à étudier dans ma chambre, mais… je me rendais de plus en plus compte que l’Université, ce n’était pas fait pour moi. J’avais de la difficulté à l’accepter, ça allait à l’encontre de mon plan initial, de mon rêve, mais je n’aimais pas vraiment ces cours magistraux abstraits. Je ne faisais que penser à mes stages et à la job de fin de semaine que j’avais à l’époque, je travaillais pour une compagnie pharmaceutique et j’adorais ça. Au fond de moi, je savais que je venais de découvrir mon métier, ma carrière.

Une nuit, je me suis réveillé en pleurant, c’était assez. Ces larmes étaient le premier signe de refoulement de toute la pression que je me mettais sur les épaules. J’ai donc décidé d’abandonner mon cheminement universitaire après avoir complété une session pour entrer sur le marché du travail à temps plein. Je suis retourné vivre chez mes parents et la compagnie pour laquelle j’avais été stagiaire m’a embauché du jour au lendemain. Me voici, me voilà, sur le marché du travail à temps plein à 20 ans.

Plein de responsabilités m’ont été confiées, un poste spécial, je me sentais valorisé. Quelques mois plus tard, la promotion! J’avais un super collègue de travail avec qui j’avais ben du fun, c’était ma bouée, car… le climat de travail n’était pas au top. J’encaissais beaucoup. On avait une chef d’équipe très difficile, avec beaucoup de fluctuations dans son humeur. On devait marcher sur des œufs… trop souvent. J’ai travaillé à temps plein dans ces conditions pendant 1 an.

Le temps des fêtes de 2020 arrivait et… mon esprit ne faisait que s’assombrir. J’avais entamé une psychothérapie de force, mais ma thérapeute n’avait pas l’approche appropriée pour moi à ce moment-là. Je ne voulais rien savoir des médicaments et encore moins envisager être malade. Tout ce que j’avais en tête, c’était d’avancer et de passer par-dessus, par moi-même…

Quelques mois auparavant, je venais d’avoir mon premier coup de foudre à vie, je ne connaissais pas ce sentiment, l’amour. J’ai fait mon coming out et ça a été le moment où mon cerveau a disjoncté. Je venais de tomber en dépression et je l’ignorais. J’ai dû me mettre en arrêt de travail de force, ce que je craignais le plus au monde à ce moment-là, devoir arrêter de travailler… et me retrouver à la maison avec mes pensées.

La maladie m’a vite rattrapée. J’ai très rapidement eu l’envie de disparaître, de m’enlever la vie. Je ne voyais plus rien devant moi et je voyais TOUT derrière moi, tout ce que j’avais manqué, tout ce que j’aurais dû faire ou ne pas faire, l’autocritique s’est rendue au premier plan de mon esprit et je me considérais comme un déchet de la société, j’avais honte, honte de ne pas pouvoir avancer comme je le voulais, de ne pas avoir un bon cercle d’amis, de ne pas être en couple, etc… Je n’en voulais qu’à moi-même pour tout ce qui m’arrivait et je ne cessais de me comparer en me rabaissant, je n’avais que ces pensées en boucle dans ma tête… Il n’y avait plus d’issue.

Tout ce que je n’avais pas pris le temps de vivre, les deuils, je venais de perdre ma grand-mère et mes grands-parents venaient de déménager (ils étaient mes voisins d’enfance), j’avais perdu ces repères importants en même temps sans me permettre de vivre mes émotions. La vie m’envoyait un message clair que je refusais de lire, d’accepter. Je devais m’arrêter. Arrêter d’avancer un moment. J’ai donc entamé une nouvelle psychothérapie à ce moment-là avec un autre thérapeute, psychologue que j’ai toujours à ce jour.

J’avais fini par accepter de prendre des médicaments, mais tous les traitements que mon médecin de famille m’avait prescrits se sont avérés être des échecs et on s’est vite rendu compte que je réagissais très rapidement aux médications. J’avais tenté ces médicaments, de mémoire :

1) Quetiapine (j’étais bien le jour, mais j’avais des jambes sans repos qui m’empêchaient de bien dormir)
2) Au moins 2 antidépresseurs ISRS (anxiété +++)
3) Olanzapine (je ne métabolisais pas bien la molécule)

Un jour au mois de février 2020, je me suis retrouvé aux urgences avec mes parents. Plus rien n’allait et je devais rencontrer un psychiatre. J’ai dû attendre des heures en pleurant et y passer la nuit au côté d’un jeune drogué en crise… Le lendemain matin, lorsque j’ai rencontré le psychiatre, ça a été le lien de confiance immédiat. Un premier souffle pour moi. Il m’a prescrit de la Mirtazapine et je suis retourné chez nous le lendemain. 2 jours plus tard, je réussissais à dormir, ce qui était déjà une victoire.

Les mois ont passés, j’avais entamé une thérapie de groupe à l’hôpital et… PAF, la COVID est arrivée! Tout le monde chez soi. Pour moi, étant de nature solitaire, ça n’a pas été un fardeau, j’ai continué à avancer dans mon rétablissement jusqu’à reprendre le travail quelques mois plus tard.

C’est là que mon humeur s’est remise à varier, j’étais en retour progressif. Le stress du travail était maintenant un plus grand enjeu pour moi, surtout celui que je m’imposais. J’avais l’impression que je devais m’expliquer à tout le monde par rapport à mon absence prolongée. Mon psychiatre a donc dû revoir le diagnostic initial de dépression comme étant une dépression réfractaire. J’ai donc commencé à prendre du lithium à ce moment-là. Mon humeur s’est rapidement stabilisée durant les premiers mois qui ont suivis et j’ai pu poursuivre le travail pendant une autre année et demie.

Mon psychiatre m’avait dit que, selon lui, je serais en mesure d’arrêter les médicaments après une année de traitement, chose que j’avais RETENUE dur comme fer. Je détestais prendre le lithium, j’avais beaucoup d’effets secondaires que j’endurais puisque je savais que j’allais tôt ou tard arrêter de le prendre.

Ce jour est venu, on est maintenant rendu à l’automne 2021. Mon psychiatre m’autorise à arrêter les médicaments. On a commencé par diminuer la Mirtazapine et… 1 mois plus tard, je rechutais en dépression… C’est là que j’ai fait face au mur. Je savais que ça ne tournais pas rond dans ma tête et ça faisait plusieurs mois que je n’étais pas bien. J’avais des creux et des pulsions suicidaires qui arrivaient aléatoirement malgré la prise de mes médicaments. Malgré le FAMEUX lithium. Je souffrais toujours, mais en silence puisque mon seul objectif était d’arrêter le traitement. C’est tout ce que je voulais.

Côté travail, ça ne fonctionnait plus pour moi également avec mon état. J’ai donc décidé de quitter mon emploi, celui qui me passionnait tant au tout début, pour me retrouver chez mes parents, en rechute et dans l’attente de mon rendez-vous avec mon psychiatre pour avoir mon diagnostic. Le fait de quitter mon travail a été très difficile pour moi, c’était la première fois que je me jetais dans le vide, sans repères et impuissant… J’ai également repris la psychothérapie, j’étais à fleur de peau à ce moment-là.

En attendant de le revoir, mon psychiatre a monté le dosage de mon antidépresseur au dosage initial et il a augmenté la dose de lithium. J’ai tenu ces dosages pendant 2 mois et ça a été 2 des pires mois de ma vie. Je l’ignorais à ce moment-là, mais j’avais des symptômes d’intoxication chronique au lithium que je traînais depuis plusieurs mois… Problèmes de coordination (hyperréflexie et ataxie), psoriasis incontrôlable et sans compter l’instabilité de mon humeur. Ça a été d’une telle ampleur, qu’un jour, j’ai fini par m’évanouir suite à une importante chute de pression.

Les 2 mois ont passé et j’ai fini par avoir mon rendez-vous téléphonique. Le temps des fêtes était arrivé. Je vais m’en souvenir toute ma vie de cette journée… Il m’a donné mon diagnostique de bipolarité de type II et ça s’est bien passé, j’ai un excellent psychiatre, il a su me montrer les beaux aspects de la maladie et j’étais prêt à l’entendre ce jour-là. Il m’a dit que mon traitement était un échec total et qu’on changeait d’approche puisque j’ai un profil d’humeur qui est surtout axé sur la dépression. Je débutais donc, avec espoir, la Lamotrigine en monothérapie pour remplacer mon ancien traitement. On parlait d’un minimum de 6 mois d’arrêt de travail à ce moment-là.

L’année 2022 débutait et les 3 premiers mois ont été les pires de toute ma vie, malgré l’espoir… J’ai eu tous les symptômes de sevrage possible du lithium. Je suis entré dans une sorte de cycle mixte d’humeur et j’ai rechuté à un point tel qu’un matin, je me suis levé et j’ai entamé une tentative de suicide. J’ai toujours voulu vivre fondamentalement, mais ce matin-là, il n’y avait plus rien dans mon esprit, à l’exception d’une image, celle de ma grand-mère. Je l’imaginais en train de me voir passer à l’acte et ça a été ce qui m’a retenu. J’imaginais sa bonté et ça a été suffisant pour me faire lâcher cette cravate que j’avais autour du cou. J’avais énormément de peine…

En ce qui a trait à l’aspect physique du sevrage, le pire a été les crises de jambes sans repos causées par le sevrage du lithium… J’ai eu de la difficulté à marcher pendant quelques semaines et j’ai fait de l’insomnie pendant plusieurs mois. Ces engourdissements et spasmes majeurs dans les jambes m’ont paralysé pendant des mois. J’ai dû prendre du Xanax pour venir à bout de m’endormir, moi qui a la phobie des dépendances, je détestais prendre ce médicament. J’ai dû apprivoiser mon rapport aux médicaments et revoir ma façon de voir les choses à cet égard.

J’avais toujours espoir que mon humeur se stabiliserait avec la Lamotrigine, mais ça ne fonctionnait pas. Plus le temps avançait, plus on faisait des tests avec cette médication et je n’ai jamais réussi à monter le dosage à la dose thérapeutique. Mon cerveau disjonctait à 50 mg, anxiété, irritabilité, insomnie, symptômes dépressifs… J’ai fait de l’anxiété comme je n’en avais jamais fait dans ma vie, je ne connaissais pas ce sentiment. Le temps avançait et tout ce que je voyais, c’était moi en train de ramer à contre-courant, m’éloignant de mon retour à la vie.

L’été 2022 arriva et j’ai fini par pouvoir commencer une autre médication, la Quetiapine XR. Je la prends toujours en date d’aujourd’hui et je suis en train de sevrer la Lamotrigine, mon psychiatre a conclu en un échec thérapeutique pour ce médicament. Le temps va me dire si ce traitement fonctionne, mais à date, j’ai de très bons résultats, j’ai recommencé à avoir un sommeil stable et mon humeur se stabilise de mieux en mieux. Ça me redonne donc un souffle d’espoir après avoir traversé ces mois de souffrances.

Ces temps-ci, je commence à regarder pour un emploi tranquillement, mes idées sont plus claires et je recommence à être actif de plus en plus, mais seulement une étape à la fois, un jour à la fois. Je dois me le répéter continuellement afin de lâcher prise sur mes anciens plans de vie et me laisser porter par la vague. C’est difficile de revoir sa vie sous un autre œil en sortant d’un épisode thymique. Dans mon cas, les pensées obsessives reprennent souvent de la partie, mais je sais maintenant les reconnaître afin de mieux y faire face…

Donc voilà pour mon histoire. J’ai appris beaucoup de choses dans les dernières années depuis que la maladie mentale est entrée dans ma vie… et je vais continuer à en apprendre toute ma vie. En voici quelques-unes que je vous partage :

-On ne peut avoir le contrôle de tout, mais on peut agir sur nos réactions aux évènements.
-Vivre veut tout simplement dire… vivre! Et en profiter du mieux qu’on peut le faire et à notre façon, à notre rythme. La vie n’est pas une course.
-Le temps arrange bien des choses, il faut parfois laisser le temps au temps.
-Il faut toujours garder espoir, toujours, tout est possible même lorsque tout est noir autour de nous, il y a toujours quelque chose sur quoi on peut s’accrocher, ne serait-ce qu'une petite lueur.
-Tout arrive pour une raison et il est de NOTRE responsabilité de donner un sens aux évènements pour mieux avancer.

Merci de partager vos histoires en retour et au plaisir de vous lire,

Christopher
Modifié en dernier par christol555 le 18 août 2022, 18:57, modifié 1 fois.
christol555
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Re: Mon journal

Message par christol555 »

Aujourd'hui, ça a été une journée plutôt mixte au niveau de mon humeur... J'ai eu une phase d'anxiété en milieu de journée, j'ai eu besoin de méditer pour éclaircir mes pensées. Les palpitations étaient de la partie, cette boule dans la gorge... Ces temps-ci, beaucoup de choses me trottent dans la tête et je me met de la pression pour ce qui s'en vient, j'ai tendance à retomber dans d'anciens cercles vicieux de pensées obsessives. C'est là que mon état dépressif à tendance à revenir.

Je suis en arrêt de travail depuis plusieurs mois et je me cherche présentement un emploi, j'ai eu un retour de courriel aujourd'hui pour passer une entrevue, ce qui est une superbe nouvelle, mais que j'ai prise par anxiété sur le coup... Comment vais-je performer, que vais-je dire, comment justifier ce trou sur mon CV... Alors qu'au fond, je n'ai qu'à laisser aller... Laisser venir. Plein de gens prennent des années sabbatiques et réussissent à reprendre le travail par la suite, donc je ne vois pas pourquoi je ne serais pas capable, moi qui ADORE travailler :) Je dois me rappeler la personne que je suis et que j'ai toujours été, j'ai les mêmes bases fondamentales, la même personnalité qu'avant de recevoir mon diagnostique.

C'est ce que j'ai réalisé plus tard dans la journée, j'avais un rendez-vous au garage pour l'air climatisée de ma seconde voiture et j'en ai profité pour aller marcher, prendre l'air et méditer un peu en nature avec mes écouteurs. Ça ma fait du bien, même si je sentais les palpitations et cette boule de stress, j'ai réussi à respirer et à suivre la voix de petit Bambou :)

Côté médication, J'ai officiellement arrêté de prendre la Lamotrigine (Lamictal) depuis quelques jours, je ne prends maintenant que la Quetiapine XR (Seroquel XR). J'ai toujours des phases de palpitations ou du moins, je sens mon cœur battre rapidement sans raisons, je ne saurai jamais si ces mauvais feelings sont en part dû au Lamictal, dans le cas présent, à son arrêt, donc par effet de sevrage. C'est surtout le soir au coucher le plus dérangeant. J'ai contacté ma pharmacie et j'en ai souvent discuté avec mes médecins (psychiatre inclus), et ils ne peuvent me le confirmer à 100 %. Le Lamictal est un activateur, donc ce serait plausible en ce sens. Je sais qu'au fond, c'est probablement de l'anxiété en bonne partie, mais c'est difficile pour moi de gérer ces sensations physiques qui me paralysent par moment. Je n'avais pas ces sensations avant de changer de médication en début d'année, mais en même temps, ma maladie a évoluée, donc seul le temps va me le dire. Laisser le temps au temps.

Voilà pour aujourd'hui, je me sens beaucoup mieux au moment d'écrire ces lignes, demain sera un autre jour...
Plexus
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Re: Mon journal

Message par Plexus »

Bonjour Christopher,

J'ai lu ton histoire et ce que tu as écrit me touche sincèrement.

Ici, c'est l'endroit parfait pour se sentir moins seul, mais aussi pour partager ses espoirs comme tu le fais si bien à la fin de ton message. Un jour à la fois et le temps arrange les choses. Il faut laisser le temps au temps. La recherche du bon traitement et les essais-erreurs peuvent être assez éprouvants pour le cerveau et le corps. Mais tu vas y arriver, car tu as confiance ! Tu as une belle capacité d'auto-analyse, et d'introspection... Voir clair est certainement une des choses qui aide le plus à garder l'espoir. Tant qu'il reste une petite flamme, il y a de l'espoir. Tu l'as compris. :)
christol555
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Re: Mon journal

Message par christol555 »

Merci beaucoup pour tes mots, c'est très gentil :)

Eh oui, l'espoir ne doit jamais quitter nos esprits, il faut s'y accrocher. :)
christol555
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Re: Mon journal

Message par christol555 »

Cette journée s'est très bien déroulée, le temps était maussade chez nous, donc j'ai décidé de faire du ménage dans la maison aujourd'hui, ça a bien occupé ma journée. En fin de journée, j'ai eu le goût de continuer la révision des notions de mon cours de calcul intégral dans le but d'éventuellement me sentir à l'aise de prendre un mandat de tutorat. Ça fait déjà plus d'un an que j'ai ce projet en tête et que j'ai été embauché par une compagnie de tutorat, j'ai hâte de pouvoir m'y plonger pour de vrai auprès d'un étudiant en difficulté, je vais voir plus tard cet automne si ça se présente sinon, je remettrai à plus tard. Ma priorité est vraiment de me trouver un emploi dans mon domaine d'étude, la chimie, dans les prochains temps. J'ai une entrevue de prévue la semaine prochaine pour une job près de chez nous, c'est l'étape qui s'en vient.

Je suis vraiment content de ma journée, d'avoir eu le goût de me replonger dans mes maths, ça faisait des mois que je n'avais pas goûté à une once de cette envie :) Côté anxiété, ça s'est très bien passé aujourd'hui, ça a été une des belles journées depuis longtemps, maudine que ça fait du bien! Les palpitations étaient bcp moins importantes, j'ai encore un semblant de boule dans la gorge, mais c'est beaucoup moins pire qu'hier et que durant les dernières semaines. Mes idées étaient claires, même que le fait d'être tout seul m'a fait du bien, ça faisait longtemps que je n'avais pas retrouvé cette tranquillité d'esprit en étant seul avec moi-même, ça a rendu mes méditations d'aujourd'hui beaucoup plus bénéfiques pour mon corps.

Je commence tranquillement à reconnaître et à retrouver une parcelle de cette paix intérieure que j'avais perdue depuis longtemps et avec laquelle j'ai toujours été habitué de vivre. Je ne me positionne pas dans l'attente pour les jours à venir, mais je reconnais les bons coups. Pis maudit que ça fait du bien au moral!

Je continue d'avancer, un jour à la fois, une étape à la fois... :D
Plexus
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Re: Mon journal

Message par Plexus »

C'est vraiment plaisant de voir que ta journée a été une belle journée. Quand on arrive de loin, le contraste est encore plus frappant! Tu as retouché à une partie de toi même qui existe encore et qui existera toujours. Dans la grande souffrance, on a l'impression de ne plus se reconnaître et surtout que tout est terminé pour nous. Mais non ! Je recommence tout juste à pouvoir enfin toucher un début de cette lumière au bout du tunnel et ça fait un bien incroyable, encore plus quand on a passé par une période suicidaire.

Bravo pour tous les efforts que tu as faits pour passer à travers cette grande noirceur!

N'oublie pas que tu es plus que ton travail et surtout essaie de continuer à ne pas te mettre trop de pression. En fait, cette phrase, je l'écris en même temps pour moi. Hihi

Un jour à la fois, un geste à la fois. Toute action entrepris pour ton bien-être se cumule.

Bonne soirée 😊
christol555
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Re: Mon journal

Message par christol555 »

Merci pour tes conseils Plexus :) Comme tu le dis si bien, toute action entreprise dans le sens de mon bien-être se cumule, c'est de l'acquis. Je dois me le rappeler.

Aujourd'hui a été une très bonne journée bien remplie, mais pas trop. Je suis allé aidé ma mère à faire l'épicerie, un petit dîner au resto, quelques commissions et voilà! la journée était déjà passée! Retour à la maison cet après-midi et j'ai commencé à jouer le rôle de magasinier pour une nouvelle voiture pour ma mère, j'ADORE magasiner les chars :) L'automobile sera toujours l'une de mes passions premières.

Très content de ma journée, côté anxiété, ça s'est bien déroulé, rien de majeur à signaler. J'ai très bien passé le temps.

Ce soir, un ti-feu de camp de prévu en famille, donc très relax comme soirée. Rien de prévu pour le week-end, donc je verrai en temps et lieu.

Bonne soirée (Plexus) :)
christol555
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Re: Mon journal

Message par christol555 »

Je ressens le besoin d'écrire, de ventiler...

Au moment d'écrire ces lignes, je suis maussade, déprimé. Cet état s'est installé durant la journée, on dirait une accumulation de fatigue. Je remarque que, depuis que je prends le Seroquel XR, je suis plus sensible aux changements d'heures dans mon horaire de sommeil. Ça affecte davantage mon humeur et je sais que je dois laisser encore du temps aux médicaments de faire pleinement effet, mais maudine que j'en ai assez de ces rechutes soudaines, c'est très difficile de replonger dans la noirceur, ne serait-ce que pour quelques heures... Être paralysé par ces pensées ruminatives, ne serait-ce que pendant une minute, est de trop dans une journée. C'est souffrant et ça me décourage à chaque fois... mais j'essaie toujours quelque chose, tout dépendant de ce qui me vient en tête, je fouille dans ma boîte à outils afin de me soulever la tête hors de cette épaisse brume.

J'ai médité, j'ai pleuré et maintenant j'écris, je pose mes pensées pour prendre du recul. Et au moment d'écrire cette phrase, je réalise à quel point toutes ces ruminations n'ont pas leur place dans le présent. Je pense à tout ce qui s'en vient, mon entrevue pour un nouvel emploi, ma future vie... Que va-t-il en advenir? Vais-je un jour sortir de chez mes parents, avoir mes affaires, estie que j'ai hâte de voler de mes propres ailes, ça fait longtemps que je m'y prépare, mais que ces pensées reviennent et me freinent! Et je n'y comprends rien, moi qui aime tout comprendre :?

Mais voilà ce que je fais, je fais de mon mieux, j'écris pour me sortir de tout ça, pour partager cet état d'esprit. Je le fait! Toujours, encore et encore, car je SAIS que je vais m'en sortir! :) Quand je prends le pas de recul, je me rends compte que cette pression, cet état de presse n'a pas sa place MAINTENANT. Une chose à la fois. Et ça commence par aujourd'hui, tout simplement. Quand j'appelle au 811, c'est toujours ce qui ressort des discussions, et je finis toujours par opter pour les mêmes outils.

Ce que je me dit aussi, c'est que c'est légitime que je commence à en avoir assez, de cet inconfort. Ça fait maintenant 10 mois que ma vie est à l'arrêt point de vue travail et je sais qu'elle va reprendre le moment venu.

Je me recentre, je suis en vie dans le présent et tout va bien, tout ce qui est essentiel MAINTENANT va bien...
christol555
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Re: Mon journal

Message par christol555 »

Bien meilleure journée aujourd'hui.

J'ai passé la journée sur la route, on a été voir des voitures à vendre pour ma mère, j'ai conduis tout le long, donc ça m'a bien occupé :) J'avais de la fatigue ce matin, ça s'est estompé durant la journée.

J'ai une grosse journée de prévue demain, j'ai mon entrevue, j'ai hâte de voir comment ça va se dérouler. C'est une source de stress pour moi, mais je sais que c'est question de briser la glace et je suis confiant que je vais faire de mon mieux.

Content d'aller mieux :) Je continue d'avancer.
Plexus
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Re: Mon journal

Message par Plexus »

Je te souhaite une entrevue à la hauteur de tes attentes :-)
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